21 mai 2009
Michael Jackson attendrait-il son prochain "biopic"?
On apprenait il y a quelques jours, par le roi de la pop en personne, la préparation d'une ultime tournée intitulée modestement "This is it"...Ce titre restera, si la tournée voit effectivement le jour, un pied de nez suprême intenté aux fans,un soufflet magistral rendu à ceux qui s'émerveilleront ou pas, de la dernière poussière d'étoile lancée par celui devenu pâle.
La mégalomanie de Jackson devenant plus forte que Jackson lui même, l'annonce de la tournée a soulevé des foules d'internautes,bousculant et immobilisant des serveurs entiers, "dévorant"le début même de celle ci, dont on fait dores et déjà écho du retard.(Source Mjfrance)
Le doute ici, devient inhérent au mythe, à la tournée elle même: aura t-on l'ombre d'un pantin désarticulé sur scène, ou bien un quinquagénaire boosté par l'orgueil, par la folie des basses émanant de ses propres tubes?
Sur ce toujours très sérieux site Mjfrance, on apprend qu'un magicien aurait été engagé par Jackson, l'ancien pensionnaire de Neverland aimerait ainsi défier de nouveau les lois de la pesanteur comme dans son très célèbre Smooth Criminal, de la logique même, ne proposant depuis quelques années plus rien de véritablement réel...
Michael Jackson demeurera unique dans l'histoire de la pop en cela qu'il batît de sa personne même, son mythe dans ce que cela comprend d'ascensions et de chutes fatales.Cette tournée ressemble déjà à un testament artistique, à une mausolée soigneusement préparée et orchestrée par le futur défunt lui même.Il s'agit par une cinquantaine de dates, de racheter l'âme du King of pop,envolée, omise par les quelques égarements de la star elle même. L'icône, intente un défi à sa propre histoire,prépare une ultime course vers les sommets.
On peut ainsi se demander si comme Johnny Cash, Ray Charles ou plus prochainement James Brown, Jackson aura besoin d'immortaliser son histoire,en devenant sujet de ce que les américains adorent: le biopic(ou récit d'une vie célèbre en français)A la différence près qu'aucun réalisateur ne saurait semble t-il, être à la hauteur, tant la star a d'emprise sur une image, son image, qui se liquéfie et se pétrifie au gré de ses humeurs et des époques.
Un casting pharaonique a été organisé, pour trouver les quelques six meilleurs danseurs de la planète et ceux qui accompagneront Jackson dans sa quête. Tout cela, a bien évidemment été filmé, les images sont à faire pâlir tous les producteurs d'émissions de télé réalité réunis, tant le nom de Jackson suffit à tenir en haleine le spectateur.
On voit sur les images, l'ombre de Michael enveloppant le jury, caressant de son souhait une même volonté :faire de sa prochaine tournée, le dernier spectacle de son règne, l'ultime tour de prestidigitateur, avant de pouvoir rejoindre définitivement la postérité, qui l'a tant précédé.
25 mars 2009
La culture serait elle définitivement "branchée"?
A l'heure de la "grande Crise" et par souci d'économie,chaque programme télé devrait être un acte d'affirmation de "Grandes" libertés...La publicité aura bientôt complètement disparu du service public,les remaniements télévisuels seront eux bientôt du fait du chef de l'état.
Un élément ne nous aura pas échappé à la télévision ces derniers mois, c'est la propension de la culture à apparaître de plus en plus fréquemment au sein d'émissions, aux formats souvent similaires voir convenus.Cette présence massive pourrait apparaître comme paradoxale compte tenu de la course à l'audience et de la recherche quasi exclusive (sur les plages horaires stratégiques)du profit. Mais il n'en est rien.Il y a culture et culture.Pour beaucoup d'émissions, la case culturelle sert d'avantage à promouvoir certaines variétés,à s'auto célébrer en mettant sous la lumière des artistes, déjà plébiscité par la chaîne et son public. Il ne s'agit plus véritablement de cultiver le téléspectateur lambda.Beaucoup d'émissions ont adopté ce credo, parce que le concept apparaissait il y a encore quelque-temps comme subversif...
Internet est passé par là,il vient bousculer le champs des possibles et cette chère télévision en proie aux doutes...Les incursions des derniers "buzz internet" sur les chaînes grands publics, indiquent très clairement la jalousie, que suscite désormais le web.L'exhaustivité potentielle d'internet fait des envieux.Le net va plus vite,traite d'avantage d'informations, tout en vous emmenant plus loin que l'ensemble de tous les autres médias réunis:radios, magazines, télévisions...Il est une synthèse à lui tout seul.De nouvelles émissions sont donc peu à peu agrémentées de plusieurs nouveaux chroniqueurs,pour suivre la cadence imposée par l'actu et l'info bondissante.L'édition Spéciale de Canal plus,diffusée tous les midis, défend donc son actu par la voix du désormais incontournable Ariel Wizman, le monsieur culture du midi,incarnation chic d'une séléction culturelle choc, parfois brillante, toujours défendue par la nonchalance musicale de son intonation .Le Grand journal, toujours sur la chaîne cryptée, offre chaque soir un tabouret d'honneur au journaliste,chroniqueur et philosophe Ali Baddou, chargé de présenter quelques livres à la vitesse de l'éclair.Il succéda à Frédéric Beigbeder,lui même parfois critique,quelquefois "auteur" ,manitou de la critique littéraire grand public.Autres concepts, dans un tout autre registre l'émission "ce soir ou jamais "diffusée en seconde partie de soirée sur France 3 (du lundi au jeudi),offre quelques débats plus ou moins intéréssants,très souvent ambitieux sur un plateau somme toute inédit: les couleurs proposées ressemblent d'avantage aux espaces recherchés par les oiseaux de nuit du tout Paris,que ceux habités par les grands gourous du savoir .La culture prend donc place ici dans un écrin tout particulier, tout comme l'autre "émission-concept"présentée par Frederic Taddéi: D'art D'art.L'émission à fait paraître cet hiver son premier produit dérivé: un livre pour la modique somme de Quarante trois euros!Saluons néanmoins l'initiative brillante et éclectique de ce programme qui peut se vanter en une minute trente, montre en main, de pouvoir réunir quelques millions de téléspectateurs, autour de chefs d'oeuvres picturaux, souvent inconnus du grand public.D'un ton épuré, stylysé et énergique, Taddéi souffle et décolle de ces tableaux de vieux vernis écaillés;développe une politque d'art spectacle simple, rapide et facile.
On note par ailleurs un goût nouveau pour l'émotion(D'art D'art), un intérêt certain pour la critique, redevenue certaines fois assasine,tranchante,donc alléchante.Si elle est restée chez certain une simple coquetterie,un goût certain pour le concensus(La grande Librairie sur France 5,Café Littéraire sur France 2), elle redevient intéréssante par les voix des désormais très médiatiques Naulleau et Zemmour(chez Ruquier);qui il faut bien le dire, sauvent l'émission de l'ennui général,et par conséquent du naufrage télévisuel.
Actuellement sont exposés des tableaux d'Andy Warhol au Grand Palais,qui succèdent à ceux qui appartenaient au désormais éternel: Yves Saint Laurent.Toutes les chaînes évidemment recouvraient l'info, même les journaux gratuits y allaient de leur ton solennel. On présentait tout cela comme la collection d'un homme sophistiqué, un ésthète du vingtième siècle qui ne lésinait pas sur l'art et et sur tout ce que cela pouvait représenter.Pierre Bergé a exigé qu'on enlève le portrait de YSL fait de la main du maître du pop art; on le jugeait trop mal placé au sein de la collection...L'art et la culture s'articulent autour d'espaces favorables.
Quel(s) vent(s) nouveaux souffle(nt) donc sur nos têtes, pour voir une telle prolifération de la Culture, d'autant de cultures?
Notre époque reste indubitablement paradoxale.
21 janvier 2009
Le manuscrit est mort,vive le manuscrit!
Le Musée des lettres et Manuscrits(St Germain des Prés, Parishttp://www.museedeslettres.fr/), propose la rencontre de génies, de virtuoses de tout bord: du scientifique au plus lettré,en passant par les personnages qui ont marqué un temps:le politique, salue et croise l'homme qui s'inscrit dans une histoire...par le concours de textes, de manuscrits autographes qu'on aurait tout aussi bien pu oublier.
L'écriture de Descartes est là, prétentieusement intacte. Le temps et la durée sont le privilège du génie. L'âme de l'un plane au dessus de celle de l'autre:une réunion toute aussi symbolique que calligraphique prend ainsi acte sous nos yeux. Le manuscrit devient l'identité même de l'homme illustre, ce qui le légitime aujourd'hui,ce qui le condamnait parfois hier. Louis Ferdinand Céline est comme confortablement installé au musée... Le tracé,long et sinueux,de la main devient parfois aussi hermétique que l'œuvre. Verlaine,lui, confond l'écriture et la musique ,l'arrondi des lettres, l'arrondi des notes,confusion relative à une mélodie poétique, prête à s'épanouir. L'écriture devient en quelques sorte une empreinte, caractéristique, inscrite en filigrane;la mémoire artificieuse, qui aspire à la postérité. Cette écriture, imprime et fixe l'incertitude des uns,les doutes des autres;rature ou souligne, au choix, la répressible faute, l'énième accès de facilité. Elle porte aussi en elle la trace de l'histoire...Le papier a jauni, se désole... du temps qui passe, semblable à un vieillard,dont l'essentiel de la vie,est désormais loin,caché derrière la vieille bosse de son dos. Les tâches et les cornes sont des excroissances, l'indice d'une violation, sur la peau de la page. Le rapport entre l'homme et sa feuille devient immédiat, évident. Le papier retrace d'une marque quasi indélébile l'existence d'un sujet,d'un inconnu ou d'une pensée...Il absorbe l'Autre, d'une irrémédiable essence, bien souvent bleue,accidentellement retouché de blanc,quand la pensée devient profuse, incontrôlée.
L'écriture est passée à la machine. Le bleu a délavé en un noir surprenant.
Les lettres imparfaites et alanguies sont devenues des caractères gras,lisses et bien gentils.... La lettre de notre illustre alphabet est désormais sans histoire, trône sous les canons d'imprimantes et ne saurait tolérer aucune erreur d'impression. L'encre de ces canons, se chargent de produire d'une écriture informe les pensées parfois les plus brillantes. Nos enfants, petits enfants, peut être s'émerveilleront devant l'homogénéité de nos feuilles, l'anonymat de nos écritures mais insulteront leur père pour leur invention trop embryonnaire .Il en va ainsi du progrès. Le readers de Sony évacuera, ou pas, nos chers livres. Le tactile,opère déjà, quant à lui ,une révolution, en vous laissant croire que la machine s'aide des marques de votre index. On en revient, irrémédiablement, à la recherche de sensations...
L'écriture est un art:celui de tromper l'ennui, en occupant l'espace. L'espace d'une feuille,l'espace d'un moment . La littérature est la reprise de cet art, où l'on évacue les blancs par quelque chose de signifiant sinon de beau. Le crayon dans une main devient le metteur en scène d'une pensée, l'objet , qui opère la fusion du sensible et du concret.
L'ordinateur évacue quant à lui cet objet et supprime toutes relations d'immédiatetés. L'ère numérique «copie-colle»,et met des «contrôle -alt là!».Elle synthétise,sur la toile et dans nos pensées, des morceaux d'idées,différents formats(vidéos,images et sons, quand la pensée ne suffit plus), devient une rhapsodie baroque où foisonnent des mots venus d'ailleurs. Elle comprend toujours plus de vitesse et de progrès, impose des cadences et des rapports à la connaissance, toujours plus rapide. Nous sommes les enfants d'une génération et de ces mots/maux,venus d'ailleurs... «Le Web»,le «blog,» sont devenus les garants et les diffuseurs de nos pensées. L'écriture elle même est à réinventer. Ironie du sort,l'écriture,chez moi se couche et s'invite sur un Moleskine;carnet qui n'a jamais été autant en vogue , pour asseoir, ensuite,sous la férule d'un pavé numérique, toutes formes définitives. Le manuscrit se fait donc l'éloge des imperfections. L'informatique,balaye et uniformise nos écritures,dépersonnalise l'acte .
Pour écrire ce texte, crayon et clavier m'auront été nécessaire. De même que quelques minutes,du moins quelques heures,auront été utile pour tenter de pondre une réflexion aussi difficile qu'elle aura assez peu d'intérêt pour beaucoup. J'ai néanmoins l'intime conviction, que toute réflexion aussi insignifiante soit elle a le mérite d'être prononcée. Et même s'il elle doit apparaître sur un blog,ingrat et indigne que je suis!
09 janvier 2009
Taschen: histoire d’une petite maison dans la librairie.
Maison d’édition originaire de Cologne, fondée en 1980 du nom de son fondateur : Benedikt Taschen, la jeune maison devient aujourd’hui de plus en plus prospère. Au départ elle met en vente les Bds de son fondateur, puis, revend (à bon marché) des stocks de livres invendus.
L’ancienne petite métairie éditoriale va maintenant plus loin que certain de ses concurrents : elle propose un traitement des œuvres de qualité, démocratise véritablement et l’objet livre et l’art, refondus parfois pour la modique somme de six euros et quatre vingt dix neuf centimes (vous vérifierez).
Sur les étagères, Picasso côtoie Rembrandt, l’art Roman défie l’art Grec, Michel Ange contrôle de son œil circonspect les ventes de son contemporain De Vinci, le tout sous les néons blafards des projecteurs, dans la joie et la bonne surprise (celle des clients), dans l’humilité et le petit tarif : cette grande fratrie culturelle n’a aujourd’hui véritablement aucun prix...
Plus qu’un livre d’art, le livre Taschen va devenir en ces temps de « crise » un véritable objet de culte, l’illusion de la presque gratuité.
Couverture reluisante, format pratique,l’ouvrage peut s’emmener partout,se lire aussi bien dans un RER(qui a dit que l’odeur de transpiration, que le bruit de portables de vos voisins vous empêcherait d’approcher d’un œil facétieux les murs de la Chapelle Sixtine ?), que sur le banc d’un parc public.
Pas plus loin que dans une Fnac (celle de Châtelet les Halles pour ne pas la citer), un grand échalas était là affalé sur la moquette rugueuse, livre Taschen en main, sur un sol maculé par ces milliers de pas qui font vivre « l’agitateur de culture ».D’autres ouvrages, agonisaient là, éparpillés à terre,devant ce jeune homme… Klein et son bleu notamment, supplièrent qu’on ne leur marche plus dessus. Ce client, un de plus certainement, empêchait de par son insupportable curiosité, le visiteur d’établir contact, de prendre rendez vous avec les maîtres. J’étais de ceux là, et peut être le seul finalement à ressentir l’injustice. Implorait il le Dieu de l’édition d’offrir un si bon pain ? Bacon, Bruegel et Rembrandt (entre autres) étaient là, estampillés vulgairement au sol mais offraient un choc des cultures inouïes valant à eux seul tout les espaces Schengen réunis.
Faire cohabiter Warhol et l’art Roman, de surcroît pour un si beau prix n’est pas toujours aisé. La culture du discount gagne aujourd’hui y compris le livre d’art. Objets de grande distribution, l’ouvrage Taschen va devenir bientôt aussi fameux, aussi indispensable que le meuble Billy d’Ikea, que le couscous micro-ondable de Leader Price.
A une différence prêt…Encore aucune émeute n’a été aujourd’hui recensé dans les rayons « Histoire de l’art », autour de ce symbole allemand, comme on en constate chaque année pour le début des soldes dans ces vulgaires souks à la française, surchauffés par l’haleine hystérique des clients. C’est ce qui immunise certainement les librairies du mauvais goût... Taschen qui sonne comme le nom de votre vieux correspondant allemand a néanmoins encore de beaux jours devant lui. Il vous ouvre les portes de sa culture:une culture érudite et facile, modique et chic.
De Tokyo à Paris, Tashen s’implante et distribue ses produits. L’Allemagne après Arte a trouvé une autre bonne idée à exporter.
En proposant une approche partielle et non moins ludique, de par sa mise en page, son ton, le livre Taschen répond à l’éventuel hermétisme, reproché à certains sujets. Ses tout petits prix, ses touts petits formats, donne au livre, et à ses éditeurs-sans se prendre au sérieux -l’opportunité de cultiver le badaud, venu pourtant au départ acheter la dernière soupe musicale en vogue, arpenter les fameuses allées de type « psychologie pour la femme enceinte » ou pour « les nuls » autres manifestations du prêt à penser ambiant .
Donner à comprendre l’art, son histoire et par conséquent notre monde actuelle pour un peu moins de sept euros(il existe différents types d’ouvrages pour des prix tout aussi intéressant voir l’ouvrage sur Jean Lou Sieff par exemple), relève sans compter du miracle.
Il y a plus de deux mille ans Jésus, alors, marchait sur l’eau. Je n’étais pas né que Neil Armstrong marchait déjà,lui,sur la lune…Bientôt,nous, nous nous marcherons mutuellement sur les pieds ; les corps s’entre-déchireront sous les grilles d’ouvertures ; on courra dans les allées et on multipliera les coups bas pour être le dernier à acquérir l’ouvrage sur Miro. Et je rentrerai triste et déçu des gens mais heureux que Miro se vende…


